COP30 : l’ONU accuse le sommet climatique d’« inaction fatale » sur les énergies fossiles

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La COP30 s’est achevée au Brésil sans engagement clair sur l’abandon des combustibles fossiles, malgré la pression de plus de 80 pays. L’ONU condamne un résultat jugé insuffisant et met en garde contre un risque historique de « crime contre l’humanité ».

Un accord final qui évite la question centrale

La COP30, tenue à Belém au Brésil, s’est conclue samedi sur un constat préoccupant : aucun plan clair n’a été adopté pour éliminer progressivement les combustibles fossiles. Cette absence constitue, selon l’ONU, un échec stratégique majeur alors que plus de 80 pays réclamaient une trajectoire explicite d’abandon du charbon, du pétrole et du gaz.

Le texte final, surnommé le « Mutirão », se contente de rappeler l’engagement pris à la COP28 à Dubaï visant à « s’éloigner » des combustibles fossiles. Il invite les États à accélérer « volontairement » leurs efforts climatiques, sans mécanisme contraignant.

Volker Turk dénonce des résultats « maigres »

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Turk, a sévèrement critiqué les conclusions du sommet. Lors d’un forum à Genève, il a déploré des « résultats maigres » et accusé l’industrie fossile de générer « d’énormes profits tout en dévastant certaines des communautés les plus pauvres du monde ».

Turk a également posé une question lourde de sens : la « réponse inadéquate d’aujourd’hui » pourrait-elle être considérée demain comme de « l’écocide ou un crime contre l’humanité » ?

Des producteurs pétroliers qui bloquent tout progrès

Selon le ministre français de la Transition écologique, plusieurs pays producteurs — dont la Russie, l’Arabie saoudite et l’Inde — ont empêché l’inclusion d’un langage plus ferme sur l’abandon des énergies fossiles.

Cette inertie a été d’autant plus frappante que la COP30 a été la première conférence climatique en trente ans sans présence officielle des États-Unis, conséquence de la décision de l’administration Trump de ne pas envoyer de délégation.

Des réactions virulentes de la communauté internationale

Les critiques se sont multipliées. Le négociateur panaméen Juan Carlos Monterrey Gomez a estimé qu’une décision climatique « qui ne peut même pas dire « énergies fossiles » » relevait non pas de la neutralité, mais de la « complicité ».

Le président colombien Gustavo Petro a, lui aussi, rejeté le résultat, affirmant qu’il était « impossible d’accepter une déclaration qui ne reconnaît pas clairement, comme le fait la science, que les combustibles fossiles sont la cause profonde de la crise climatique ».

Guterres admet des avancées insuffisantes

António Guterres, Secrétaire général de l’ONU, a reconnu quelques progrès mais a admis que la COP30 n’avait pas répondu aux attentes. Il a souligné que « l’écart entre notre situation actuelle et les exigences scientifiques reste dangereusement large ».

Des avancées limitées sur le financement de l’adaptation

Un progrès notable concerne la promesse des pays développés de tripler le financement de l’adaptation climatique pour atteindre environ 120 milliards de dollars par an d’ici 2035. Cet objectif dépasse largement celui de 40 milliards fixé en 2021.

Le Brésil a également lancé un fonds de protection des forêts, qui a récolté 6,5 milliards de dollars. Mais ce montant demeure loin de l’objectif de 25 milliards fixé par le président Luiz Inácio Lula da Silva.

Des feuilles de route symboliques, mais non contraignantes

Le président de la COP30, André Corrêa do Lago, a annoncé la création de deux feuilles de route non contraignantes : l’une pour mettre fin à la déforestation, l’autre pour accélérer la sortie des combustibles fossiles. Toutefois, ces initiatives ne sont pas soutenues par les 195 pays participants, ce qui limite fortement leur portée.

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