Hichem Mechichi à reuters : « La dernière chance pour sauver l’économie »

Evoquant un programme de prêt de 4 milliards de dollars, hichem mechichi à reuters : « La dernière chance pour sauver l’économie »

La Tunisie recherchera un programme de prêt de 4 milliards de dollars auprès du Fonds monétaire international (FMI) lors des négociations qui seront entamées demain à Washington. La mission ne sera pas de tout repos car le programme de réformes qui sera proposé par la partie tunisienne devra convaincre. A commencer par l’adhésion des partenaires sociaux à la démarche adoptée par le gouvernement et à condition que les hommes politiques ne cherchent pas à torpiller l’initiative. C’est la dernière chance pour sauver l’économie !

Face à cette crise sanitaire et ses effets socioéconomiques dévastateurs, la Tunisie ne peut pas rester inactive. Le rencontre de demain à Washington ne doit pas être un rendez-vous manqué. En effet, dans une interview à l’agence de presse Reuters, le Chef du gouvernement a finalement révélé le montant qui sera sollicité. « La Tunisie recherchera un programme de prêt de 4 milliards de dollars auprès du Fonds monétaire international (FMI) lors des négociations », a déclaré Hichem Mechichi à Reuters. C’est la voie que la Tunisie proposera à ses partenaires bailleurs de fonds parce que le pire des choix, c’est celui du conservatisme, celui qui consiste, comme on l’a si souvent fait dans le passé, à reporter les réformes.

Il a affirmé que les politiciens et les partenaires sociaux devraient être unis pour permettre au gouvernement de saisir cette «dernière chance» de sauver l’économie. «Tous les efforts doivent être unifiés en Tunisie car nous considérons que nous avons atteint la dernière opportunité et nous devons l’utiliser pour sauver l’économie», a-t-il affirmé. Mechichi a déclaré qu’il s’attendait à ce que les discussions durent environ deux mois et qu’il avait «confiance» que la Tunisie pourrait obtenir un soutien financier pour l’aider à traverser une crise économique qui a été aggravée par la pandémie de Covid-19.

Il a ajouté qu’il souhaitait un programme de prêts de trois ans et que les détails d’un éventuel accord pour débloquer des financements sollicités auprès du FMI et de la Banque Mondiale étaient toujours en cours de finalisation. Mais cette visite est aussi historique à plus d’un titre, parce qu’elle ne se limitera pas à des réunions avec le FMI et la BM mais elle permettra aussi de rencontrer les hauts dirigeants de la nouvelle administration américaine pour faire pression sur les institutions de Brettons Woods.

De ce fait, la réussite de cette mission sera la réussite de tous car elle offre une chance de sortie de cette crise pour le pays. Nous n’avons pas le droit d’échouer parce que l’échec signifierait que ce qui sortira de la crise sera pire qu’avant.

Trouver une solution
A cet effet, le Chef du gouvernement Hichem Mechichi a appelé, hier, toutes les parties à trouver une solution à la crise économique et sanitaire que vit le pays, « loin des tiraillements politiques ». « Ces parties ne se soucient pas de la situation déplorable et de la santé des Tunisiens mais veulent en revanche investir dans la crise pour marquer des points et atteindre l’Etat », a-t-il lancé dans une déclaration à la presse en marge de la cérémonie organisée au Centre international d’études, de recherches, de documentation et de formation sur le handicap (Basma) à l’occasion de la fête du Travail. Il avait auparavant souligné, dans son intervention à l’occasion des célébrations du 1er Mai, que la lutte contre l’épidémie de Covid-19 ne doit pas empêcher d’avancer sur la voie des réformes économiques et sociales selon une approche participative qui permette au pays de sortir de la crise et de redresser son économie.

Mechichi a, en outre, mis l’accent sur l’importance d’un dialogue partant de l’initiative de l’Union générale tunisienne du travail et réunissant partis, organisations et compétences nationales, pour parvenir à des solutions consensuelles aux dossiers de la sécurité, la stabilité, le progrès économique et la justice sociale. Il a réaffirmé à cette occasion le respect des engagements de la Tunisie envers l’Organisation internationale du travail à travers notamment l’adaptation de la législation nationale aux standards internationaux.

S.R

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