L’économie allemande ralentirait en 2018 et 2019

  • Après avoir affiché en 2017 sa plus forte croissance depuis 2011, l’économie allemande ralentirait en 2018 et 2019 du fait d’une modération de la demande mondiale et d’un affaiblissement graduel de la consommation.
  • Les salaires pourraient cependant accélérer dans le cadre de négociations salariales qui s’appuieront sur une inflation plus élevée que par le passé.
  • Le principal risque est celui d’un blocage politique prolongé, si les négociations entre les principales forces politiques échouaient à former un nouveau gouvernement majoritaire.

Après une année 2017 exceptionnelle où l’activité a été soutenue à la fois par une demande extérieure robuste et un investissement dynamique, l’économie allemande devrait progressivement ralentir en 2018 et 2019, avec une croissance se situant toujours au dessus du potentiel.

La consommation privée, bien qu’en retrait, resterait dynamique soutenue par une hausse du revenu disponible. L’économie s’approchant du plein emploi, les salaires devraient accélérer dans le cadre de négociations salariales qui s’appuieront sur une inflation plus élevée que par le passé. La réduction du poids de la dette publique est un enjeu majeur en Allemagne. Le gouvernement sortant avait fixé un objectif de déficit structurel de 0% sur la période 2015-2019. Le surplus budgétaire devrait perdurer malgré une augmentation maîtrisée des dépenses (notamment de santé et de soins de longue durée). Nonobstant la hausse attendue des prix de l’énergie et le dynamisme des importations, l’Allemagne continuerait d’afficher des excédents commerciaux considérables. L’excédant courant de l’Allemagne devrait diminuer légèrement en 2018, mais se stabiliserait par la suite à un niveau toujours très élevé.

Le principal risque qui pèse sur l’économie allemande est celui d’un blocage politique prolongé, après l’échec du premier round des négociations pour former un gouvernement de coalition après les élections fédérales en septembre 2017. Si les négociations entre la CDU-CSU et le SPD venaient à échouer ou dans le cas d’un gouvernement minoritaire, des nouvelles élections générales ne seraient alors pas à exclure, augmentant le risque de voir apparaître des positions eurosceptiques.

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