La Tunisie et la Libye entendent édifier un nouveau modèle économique basé sur la complémentarité

Sur l’ensemble de l’année 2021, les échanges commerciaux bilatéraux entre la Tunisie et la Libye se sont notablement améliorés pour se situer à 1.568 millions de dinars, contre 1.420 millions de dinars au cours de l’année 2020 (un dinar vaut environ 0,35 dollar).

Ces chiffres ont été divulgués, ce mardi à Tunis, en marge du coup d’envoi de la première édition du Forum industriel tuniso-libyen, qui couvre la période du 23 au 27 novembre 2021.

Les participants à ce forum ont insisté sur l’impératif d’instaurer un nouveau partenariat et une nouvelle approche de complémentarité économique et sociale entre les deux pays nord-africains voisins.

« Cet objectif devra être accompli en examinant les obstacles qui handicapent les échanges commerciaux entre la Tunisie et la Libye, outre la détection des solutions susceptibles de générer des nouvelles opportunités pour les industries libyennes aux plans local, arabe et international », a déclaré Abdessalem Ferjani, président du comité de préparation du forum.

S’adressant aux journalistes, le représentant du ministère libyen de l’Economie et du commerce, Nouri Ali-Mohamed pense que cet événement « représente une occasion en or afin d’explorer de nouveaux programmes économiques et permettre à la Libye, tout comme la Tunisie, de relever leurs défis actuels ».

D’après lui, ces nouveaux programmes ambitionnent de réussir une transition vers une économie numérique, booster le secteur privé et poser l’édifice d’un développement durable dans les deux pays.

« La Libye oeuvre, prioritairement, à trouver une complémentarité économique réelle avec la Tunisie, ce qui va être généralisé plus avec d’autres pays voisins », a commenté, à cette occasion, Ahmed Abu Hisa, ministre libyen de l’Industrie et des minéraux.

« Nous disposons, a-t-il poursuivi, de toutes les ressources humaines, financières et naturelles pour réaliser cette complémentarité économique, en plus d’une nouvelle volonté politique partagée ».

Dans ce sens, Fadhila Rebhi, la ministre tunisienne du Commerce et de développement des exportations, a rassuré que son pays permettra de rendre plus fluides le flux des marchandises au niveau du poste frontalier de Ras Jedir (sud-est tunisien) « et réagira dans les brefs délais pour déterminer les solutions au problème de l’entrée des marchandises vers les deux pays ».

La ministre tunisienne a annoncé, dans ce contexte, la présentation en marge de ce forum industriel, de projets élaborés dans le cadre du partenariat public/privé, entre autres un projet d’une zone commerciale et logistique à Ben Guerdane (sud-est), et la plateforme des marchés de production au centre de la Tunisie.

« Nos deux gouvernements veilleront à simplifier les mesures, développer le climat d’affaires bilatéral ainsi que le cadre légal qui gère les relations bilatérales et les relations bancaires entre les deux pays », a encore assuré la responsable tunisienne.

D’un autre côté, la ministre tunisienne de l’Industrie, des mines et de l’énergie, Neila Nouira-Gongi a promis que son ministère se penchera sur la conception d’une nouvelle stratégie industrielle, « en mesure de mettre en avant la coopération tuniso-libyenne (…) il sera question, a-t-elle déclaré, de mettre à exécution des programmes qui incitent à l’implantation des entreprises industrielles en Libye et carburent des investissements libyens dans le secteur industriel ».

Le constat de la coopération industrielle bilatérale entre la Tunisie et la Libye est décevant pour certains participants à ce forum. En effet, seulement 23 entreprises libyennes opèrent sur le sol tunisien, outre une timide valeur d’investissement.

Il est à noter que pas moins de 152 entreprises libyennes industrielles participent à la foire « Made in Libya », prévue à partir du 24 novembre, en marge du forum industriel tuniso-libyen, au Parc des expositions du Kram

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