Ministère des Finances : La masse salariale, la compensation, la gouvernance des entreprises publiques et la fiscalité au cœur du programme des réformes pour la période 2022-2024

Date:

Le programme des réformes en matière de politiques financières et fiscales à court et moyen termes, pour la période 2022-2024, s’articule autour de 4 axes principaux, à savoir la maîtrise de la masse salariale et la restructuration de la fonction publique, la réforme du système de compensation, la gouvernance des entreprises publiques et les réformes fiscales, selon un document sur le cadre budgétaire à moyen terme, annexe à la Loi de Finances 2022, publié mardi, par le ministère des Finances.

Ce programme des réformes vise, selon le document, à maîtriser en urgence les grands équilibres, à booster la croissance et à préparer le terrain à la reprise économique souhaitée.

Maîtrise de la masse salariale et restructuration de la fonction publique

Selon le document, à défaut de mettre en place des réformes à moyen terme, la masse salariale continuera sa tendance haussière et à peser lourd sur le budget de l’Etat. Les dépenses de salaires ont atteint 20345 MD en 2021, soit l’équivalent de 59% des ressources budgétaires contre une moyenne de 53% durant la période 2010-2019.

Il en ressort que « le programme de réforme de la fonction publique et de la masse salariale englobe 3 axes ». Le premier comporte des mesures urgentes pour maîtriser la masse salariale à travers la rationalisation des augmentations salariales, la rationalisation des recrutements et leur limitation aux secteurs prioritaires, le réexamen du programme d’application de la convention du 6 février 2021 entre le gouvernement et l’UGTT ,sans effet rétroactif, le report de la mise en application de la Loi n° 2020-38 du 13 août 2020, portant dispositions dérogatoires pour le recrutement dans le secteur public.

Le deuxième axe consiste à adopter de nouveaux programmes visant la réduction du nombre des fonctionnaires publics (un nouveau programme de départ à la retraite anticipée, possibilité de prévoir un programme de départ volontaire, tout en bénéficiant directement de la pension de retraite et d’une prime de départ).

Le troisième axe vise l’amélioration de la gestion des ressources humaines et du système de salaires dans la fonction publique, à travers le renforcement du programme de mobilité professionnelle à l’intérieur du secteur public et entre les secteurs public et privé, mais également en offrant la possibilité de travailler à distance dans la fonction publique, en liant les salaires au rendement et à la productivité et en prolongeant la durée de congé pour créer un entreprise.

Réforme de la compensation

La réforme de la compensation repose essentiellement, sur la révision des politiques de subvention et des mécanismes de compensation, en passant de la subvention des prix à la subvention directe, ce qui permettra de dégager des ressources supplémentaires qui seront orientées vers l’investissement public.

S’agissant de la subvention des hydrocarbures, le programme de réforme vise à atteindre les prix réels à l’horizon 2026, tout en mettant en place des mesures parallèles pour la protection des catégories vulnérables.

Ce programme repose sur la poursuite de l’application de l’ajustement automatique des prix des carburants, la levée progressive de la subvention des produits « sensibles » à travers un ajustement partiel des prix dans une première étape puis une levée totale de la subvention en prévoyant des transferts directs à ceux qui en ont besoin et l’instauration de l’ajustement automatique des prix d’une façon périodique, en fonction de la consommation pour l’électricité et le gaz.

Pour ce qui de la subvention des produits de base, le programme de réforme prévoit l’élaboration, au cours de l’année 2022, d’une étude sur la faisabilité et l’efficacité du programme de réforme visant à substituer le système actuel reposant sur la subvention des prix, par un nouveau système reposant sur la subvention des salaires et les transferts monétaires directs.

Ce programme prévoit également, une application progressive du nouveau système de subvention durant la période 2023-2026, en mettant en place un mécanisme de ciblage à même de garantir l’équité nécessaire dans la distribution des transferts prévus.

Gouvernance des entreprises publiques

Le rapport considère que la situation actuelle de la majorité des entreprises publiques marquée par la détérioration de leurs finances et la montée du volume de leurs dettes, impose une réforme structurelle de ces entreprises. Cette réforme reposera sur trois axes.

Le premier axe consiste à repenser la politique de participation de l’Etat dans le capital des entreprises publiques, en réformant la stratégie de participation de l’Etat dans les entreprises publiques et en renforçant le partenariat entre les secteurs public et privé et à céder les participations non stratégiques.

Le deuxième axe concerne la restructuration financière des entreprises publiques à travers, entre autres, le règlement des dettes entre l’Etat et ces entreprises, l’audit des créances des grandes entreprises publiques, le rééchelonnement des dettes bancaires, l’évaluation des actifs des entreprises publiques, la mise en place d’une politique de couverture des risques de marché…

Le troisième axe concerne la modernisation de la gouvernance interne des entreprises publiques à travers, entre autres, l’élargissement de la liste des entreprises soumises à un Contrat de performance avec l’Etat, la révision des critères de nomination et des grilles de salaires des directeurs des entreprises publiques, la séparation des pouvoirs entre le président du conseil d’administration et le directeur général, la révision du cadre légal et organisationnel régissant les concours de recrutement et l’instauration d’un système de promotion basé sur les performances et le mérite.

Les réformes fiscales

Le programme de réforme fiscale vise à améliorer la capacité de l’Etat à mobiliser des ressources en améliorant les capacités de recouvrement et la numérisation de l’administration. Ce programme prévoit également, une série de mesures ayant pour objectif d’instaurer un système fiscal pour efficace et plus juste à travers l’élargissement de l’assiette fiscale, la lutte contre la fraude fiscale et l’intégration du secteur parallèle.

Ce programme qui sera mis en place à court terme (2022) et à moyen terme ( 2023-2025) a également pour objectif de favoriser l’instauration d’une politique fiscale qui soutient l’économie durable et la transition énergétique.

Partager l'article:

Articles Recents

S'abonner

VIDÉOS SPONSORISÉES
VIDÉOS SPONSORISÉES

00:00:30

OPPO Reno12 : L’Alliance Parfaite entre Design, Intelligence Artificielle et Performance

Les séries Reno12 d'OPPO marquent une avancée significative dans le domaine de la photographie mobile grâce à l'intégration poussée de l'intelligence artificielle.
00:02:15

Abdelaziz Makhloufi, PDG de Cho Group, met en lumière l’excellence de l’huile d’olive tunisienne sur BFM Business

Fort de son expertise reconnue dans le secteur oléicole, Abdelaziz Makhloufi, Président-directeur général du groupe Cho, a saisi l'opportunité de l'émission BFM Business pour promouvoir l'huile d'olive tunisienne à l'échelle internationale.
00:00:32

Lancement du nouveau Huawei Nova Y61

Huawei Consumer Business Group annonce le lancement du HUAWEI nova Y61, le plus récent smartphone de la série HUAWEI nova Y.

CONTENUS SPONSORISÉS
CONTENUS SPONSORISÉS

France-Allemagne : la même croissance au T2, deux économies qui n’ont rien en commun

0,2 % partout, mais rien de commun : la France doit son rebond à ses ménages et à l'aéronautique, l'Allemagne à ses seules exportations. Le détail des chiffres INSEE et Destatis révèle deux économies en réalité très éloignées.

Xiaomi lance ses SUV SkyNomad pour reconquérir le marché familial des véhicules électriques

Avec les SUV N90 Max et N70 Max, Xiaomi mise sur l'autonomie prolongée pour séduire les familles chinoises, dans un marché où la demande ralentit. Les livraisons sont prévues pour septembre, à des prix inférieurs à ceux de Tesla.

Big Tech : 170 milliards de dollars dépensés en IA en un trimestre, la trésorerie vire au rouge

Les quatre géants américains de la tech doivent investir 1 500 milliards de dollars en centres de données d'ici fin 2027. Amazon et Google affichent déjà un flux de trésorerie disponible négatif.

Décarbonation de l’UE : ce que l’urgence de Bruxelles change pour les exportateurs tunisiens

Entre mécanisme carbone aux frontières, quête européenne de matières premières critiques et pénurie de compétences vertes, la course à la décarbonation de l'UE ouvre autant de risques que d'opportunités pour la Tunisie.

A lire également
A lire également

Décarbonation de l’UE : ce que l’urgence de Bruxelles change pour les exportateurs tunisiens

Entre mécanisme carbone aux frontières, quête européenne de matières premières critiques et pénurie de compétences vertes, la course à la décarbonation de l'UE ouvre autant de risques que d'opportunités pour la Tunisie.

Taux directeur : la BCT le maintient à 7%, prudente face à une inflation sous-jacente persistante

La BCT maintient son taux directeur à 7% pour préserver le processus désinflationniste, alors que le déficit courant se creuse sous l'effet d'une facture énergétique record.

Moody’s maintient la Tunisie à Caa1 avec une perspective stable

Moody's maintient la note Caa1 de la Tunisie. Si la stabilité des réserves et le remboursement d'une échéance d'euro-obligation rassurent, l'agence pointe un espace budgétaire limité et une dette publique élevée comme risques persistants.

BVMT : le Tunindex recule de 3,47 % le 28 juillet, une respiration technique après un sommet historique

Après avoir atteint un niveau historique, le Tunindex recule de 3,47 % lors de la séance du 28 juillet. Une consolidation technique attendue qui n'altère ni les performances des entreprises cotées ni les perspectives de la Bourse de Tunis.

Grammer AG en Tunisie : vers un projet industriel de 1 200 emplois dans l’automobile

Grammer AG, équipementier automobile allemand, prospecte en Tunisie pour un projet industriel majeur. La TIA et l'AHK Tunisie accompagnent ce dossier estimé à 1 200 emplois directs, confirmant l'attractivité tunisienne pour les IDE automobiles.

Tunisie : le déficit commercial énergétique grimpe de 32% à fin mai 2026

: Le déficit énergétique tunisien bondit de 32% à fin mai 2026, à 5,7 milliards de dinars, sous l'effet de la hausse du Brent liée aux tensions irano-américaines, malgré une redevance gazière algérienne en repli.

Déficit commercial Tunisie : dérapage de 26% au S1 2026

Exportations +9%, importations +13,3% : l'écart de rythme entre les deux flux explique à lui seul l'aggravation de 26% du déficit commercial tunisien au S1 2026, et la contraction du taux de couverture à 73,4%.

Dividendes BVMT 2025 : les sociétés cotées franchissent la barre des 1,7 milliard de dinars

Record de dividendes à la BVMT : 1,7 milliard de dinars distribués en 2025 par 51 sociétés cotées, contre 1,6 milliard en 2024. Une hausse de 6,25 % qui confirme trois années consécutives de progression sur le marché tunisien.