Rapport BM : Besoin urgent en Tunisie de « réhabiliter la confiance et de répondre aux aspirations des citoyens »

Date:

« Si la Tunisie ambitionne de préserver ses acquis démocratiques – quoique fragiles – et de répondre aux revendications de ses citoyens, il est aujourd’hui plus que jamais urgent de remettre la transition sur la bonne voie », souligne le deuxième rapport de diagnostic systématique de pays (DSP), réalisé par la Banque mondiale sur la Tunisie.

« Le changement de paradigme en faveur de la mise en place d’un cercle vertueux gagnant-gagnant exige, sur le court terme, le déploiement de gros efforts visant à parvenir à un consensus autour de la conception et de la mise en œuvre des réformes, d’une part et à apporter des gains tangibles, à rétablir la confiance et à relancer la dynamique, d’autre part », soulignent les auteurs du rapport intitulé Rétablir la confiance et répondre aux aspirations pour une Tunisie plus prospère et inclusive, présenté jeudi à Tunis.

Ce diagnostic pays, préparé par la Banque mondiale, un des principaux bailleurs de fonds du pays, offre une vision des tendances en Tunisie sur les dix dernières années, notamment à travers des comparaisons internationales et des analyses prospectives de moyen terme.

Le rapport aborde le contexte et le bilan de la dernière décennie avant de se consacrer à l’identification de quatre pistes prospectives pour la Tunisie en termes de rétablissement de la confiance, de réponse aux aspirations des citoyens, et de réponses possibles aux défis majeurs auxquels la Tunisie fait face.

Les deux premières pistes proposées mettent l’accent sur la nature centralisée du compromis politique et les implications qui sont les siennes sur les résultats de développement.

«L’objectif principal de ces deux voies consiste à exploiter à bon escient les doléances des citoyens et à mettre en place des institutions plus inclusives», estiment les auteurs du rapport.

Au titre de ce programme, le DSP accorde la priorité à deux autres voies estimées – elles aussi – essentielles à la satisfaction des aspirations des citoyens. Il s’agit de faire évoluer l’économie vers une croissance tirée par la productivité et renforcer l’inclusion.

« Le rétablissement de la confiance et la satisfaction des aspirations des citoyens tournent nécessairement autour de deux principaux axes : la mobilisation du pouvoir des voix citoyens et la mise en place d’institutions plus inclusives », souligne le rapport.

Et d’ajouter que les acquis démocratiques que la Tunisie a pu réaliser tout au long de la décennie passée sont sans précédent dans la région. Toutefois et à bien des égards, le compromis politique établi au lendemain de la Révolution continue de poser problème au développement du pays.

Pour les auteurs du rapport, le déclin de productivité et de croissance qui gangrène l’économie tunisienne est synonyme de perte de potentiel économique, en raison de nombreuses années de sous-investissement dans le capital productif et l’innovation, du manque d’ouverture et de concurrence sur les marchés et de la détérioration des capacités commerciales.

Pour inverser la donne et améliorer la productivité, la Tunisie est appelée à engager de profondes réformes structurelles capables de lever les nombreuses barrières qui entravent la concurrence, moderniser le secteur financier, attirer plus d’investissements étrangers directs, mobiliser les financements climatiques et promouvoir l’innovation, recommande le rapport.

Il y a également urgence à renforcer les capacités commerciales du pays, notamment par l’introduction de services commerciaux modernes et l’approfondissement de l’intégration commerciale tout au long de la chaîne de valeur mondiale.

Toujours selon le DSP, le renforcement de l’inclusion, tout aussi crucial pour la stabilité de la transition, implique un accès équitable aux opportunités économiques et une amélioration des conditions de vie des citoyens.

Il s’agit, plus particulièrement, d’améliorer les compétences et les résultats de l’éducation, notamment dans les régions intérieures et rurales, de sorte à élargir l’accès aux avantages de la croissance future.

Dans le même ordre d’idées, on s’attend à ce que les mesures prévues pour appuyer la participation des femmes au marché du travail réduisent les disparités hommes-femmes et contribuent davantage à la productivité et à la croissance.

Sur un autre plan, le rapport rappelle que la performance économique de la Tunisie s’est dégradée tout au long des dix dernières années, donnant lieu à une décennie de perte de croissance.

Entre 2011 et 2018, la croissance du PIB a chuté à une moyenne de 1.7%, après s’être située à 3,5% entre 2000 et 2011, du fait du recul des résultats, précise le document. Et d’ajouter que de tous les secteurs de l’économie, à l’exception de l’agriculture, la performance économique est restée au point mort, en raison de l’important recul de la croissance de la productivité par rapport aux niveaux déjà modestes enregistrés avant la Révolution .

La faiblesse de l’investissement, le manque d’innovation, la nature limitée des orientations commerciales et la forte réglementation des activités économiques sont les principaux facteurs explicatifs de ce constat.

Plus particulièrement, l’investissement privé en pourcentage du PIB est passé, en moyenne, de 17,4% du PIB entre 2000 et 2010 à 14,9% du PIB entre 2011 et 2019.

Le pourcentage d’entreprises tunisiennes ayant introduit un nouveau produit ou service a baissé de moitié, passant de 28% en 2013 à 14% en 2019.

Les ‘’vieilles’’ industries ont particulièrement été touchées (notamment alimentaires et textiles), tandis que quelques ‘’nouvelles’’ ont pu afficher une certaine croissance de leur productivité.

Ce type de rapport de la BM, est produit pour les pays partenaires tous les cinq ans afin d’identifier les principaux défis et opportunités pour accélérer les progrès dans le rétablissement de la confiance, la satisfaction des aspirations et, en fin de compte, la contribution au double objectif du Groupe de la Banque mondiale de mettre fin à la pauvreté absolue, et de stimuler durablement la prospérité partagée, selon le communiqué publié à cette occasion.

Partager l'article:

Articles Recents

S'abonner

VIDÉOS SPONSORISÉES
VIDÉOS SPONSORISÉES

00:00:30

OPPO Reno12 : L’Alliance Parfaite entre Design, Intelligence Artificielle et Performance

Les séries Reno12 d'OPPO marquent une avancée significative dans le domaine de la photographie mobile grâce à l'intégration poussée de l'intelligence artificielle.
00:02:15

Abdelaziz Makhloufi, PDG de Cho Group, met en lumière l’excellence de l’huile d’olive tunisienne sur BFM Business

Fort de son expertise reconnue dans le secteur oléicole, Abdelaziz Makhloufi, Président-directeur général du groupe Cho, a saisi l'opportunité de l'émission BFM Business pour promouvoir l'huile d'olive tunisienne à l'échelle internationale.
00:00:32

Lancement du nouveau Huawei Nova Y61

Huawei Consumer Business Group annonce le lancement du HUAWEI nova Y61, le plus récent smartphone de la série HUAWEI nova Y.

CONTENUS SPONSORISÉS
CONTENUS SPONSORISÉS

France-Allemagne : la même croissance au T2, deux économies qui n’ont rien en commun

0,2 % partout, mais rien de commun : la France doit son rebond à ses ménages et à l'aéronautique, l'Allemagne à ses seules exportations. Le détail des chiffres INSEE et Destatis révèle deux économies en réalité très éloignées.

Xiaomi lance ses SUV SkyNomad pour reconquérir le marché familial des véhicules électriques

Avec les SUV N90 Max et N70 Max, Xiaomi mise sur l'autonomie prolongée pour séduire les familles chinoises, dans un marché où la demande ralentit. Les livraisons sont prévues pour septembre, à des prix inférieurs à ceux de Tesla.

Big Tech : 170 milliards de dollars dépensés en IA en un trimestre, la trésorerie vire au rouge

Les quatre géants américains de la tech doivent investir 1 500 milliards de dollars en centres de données d'ici fin 2027. Amazon et Google affichent déjà un flux de trésorerie disponible négatif.

Décarbonation de l’UE : ce que l’urgence de Bruxelles change pour les exportateurs tunisiens

Entre mécanisme carbone aux frontières, quête européenne de matières premières critiques et pénurie de compétences vertes, la course à la décarbonation de l'UE ouvre autant de risques que d'opportunités pour la Tunisie.

A lire également
A lire également

Décarbonation de l’UE : ce que l’urgence de Bruxelles change pour les exportateurs tunisiens

Entre mécanisme carbone aux frontières, quête européenne de matières premières critiques et pénurie de compétences vertes, la course à la décarbonation de l'UE ouvre autant de risques que d'opportunités pour la Tunisie.

Taux directeur : la BCT le maintient à 7%, prudente face à une inflation sous-jacente persistante

La BCT maintient son taux directeur à 7% pour préserver le processus désinflationniste, alors que le déficit courant se creuse sous l'effet d'une facture énergétique record.

Moody’s maintient la Tunisie à Caa1 avec une perspective stable

Moody's maintient la note Caa1 de la Tunisie. Si la stabilité des réserves et le remboursement d'une échéance d'euro-obligation rassurent, l'agence pointe un espace budgétaire limité et une dette publique élevée comme risques persistants.

BVMT : le Tunindex recule de 3,47 % le 28 juillet, une respiration technique après un sommet historique

Après avoir atteint un niveau historique, le Tunindex recule de 3,47 % lors de la séance du 28 juillet. Une consolidation technique attendue qui n'altère ni les performances des entreprises cotées ni les perspectives de la Bourse de Tunis.

Grammer AG en Tunisie : vers un projet industriel de 1 200 emplois dans l’automobile

Grammer AG, équipementier automobile allemand, prospecte en Tunisie pour un projet industriel majeur. La TIA et l'AHK Tunisie accompagnent ce dossier estimé à 1 200 emplois directs, confirmant l'attractivité tunisienne pour les IDE automobiles.

Tunisie : le déficit commercial énergétique grimpe de 32% à fin mai 2026

: Le déficit énergétique tunisien bondit de 32% à fin mai 2026, à 5,7 milliards de dinars, sous l'effet de la hausse du Brent liée aux tensions irano-américaines, malgré une redevance gazière algérienne en repli.

Déficit commercial Tunisie : dérapage de 26% au S1 2026

Exportations +9%, importations +13,3% : l'écart de rythme entre les deux flux explique à lui seul l'aggravation de 26% du déficit commercial tunisien au S1 2026, et la contraction du taux de couverture à 73,4%.

Dividendes BVMT 2025 : les sociétés cotées franchissent la barre des 1,7 milliard de dinars

Record de dividendes à la BVMT : 1,7 milliard de dinars distribués en 2025 par 51 sociétés cotées, contre 1,6 milliard en 2024. Une hausse de 6,25 % qui confirme trois années consécutives de progression sur le marché tunisien.