Un ultimatum présidentiel daté du 4 juillet
À l’occasion du 250e anniversaire de l’indépendance américaine, Donald Trump a choisi une date à forte charge symbolique pour adresser son ultimatum à Bruxelles. Dans une déclaration formulée jeudi, le président américain a mis en demeure l’Union européenne de finaliser et ratifier d’ici le 4 juillet le cadre commercial arrêté à l’été 2025, sous peine d’une hausse sensible des droits de douane. Ce coup de pression intervient au lendemain d’un entretien téléphonique entre Trump et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, dont le contenu n’a pas été divulgué dans le détail.
Un trilogue bloqué après six heures de négociations
La tension américaine s’est cristallisée sur un calendrier législatif européen qui peine à s’accélérer. Mercredi soir, les négociations en trilogue réunissant le commissaire européen au Commerce Maroš Šefčovič, des eurodéputés et des représentants des gouvernements nationaux se sont soldées par un échec, après six heures de discussions infructueuses. Chypre, qui préside actuellement le Conseil de l’UE, a confirmé l’impasse. Une nouvelle session est désormais programmée le 19 mai à Strasbourg.
Les membres du Parlement européen ont résisté aux pressions visant à accélérer l’adoption du texte d’application. Ils exigent l’insertion de mécanismes de sauvegarde : une clause de suspension permettant à l’UE de geler l’accord en cas de menace américaine sur l’intégrité territoriale du bloc, et une clause d’extinction qui mettrait automatiquement fin aux allègements tarifaires à fin mars 2028. « Nous ne sommes pas là pour nous laisser intimider », a déclaré une source des Socialistes et Démocrates.
L’Accord de Turnberry, un texte déjà mis à l’épreuve
Baptisé officieusement d’après le parcours de golf écossais où il a été signé le 27 juillet 2025, l’Accord de Turnberry repose sur un échange tarifaire réciproque : l’UE s’engage à supprimer ses droits de douane sur les produits industriels américains, tandis que les États-Unis plafonnent leurs tarifs à 15 % pour l’essentiel des exportations européennes, automobiles comprises. L’accord prévoit également que l’UE achète 750 milliards de dollars d’énergie américaine et investisse 600 milliards de dollars aux États-Unis d’ici 2028.
Pourtant, dès le 1er mai, Trump a relevé les droits de douane sur les véhicules et camions européens à 25 %, franchissant ainsi le plafond de 15 % expressément stipulé par l’accord. Bruxelles a immédiatement dénoncé une violation unilatérale. Depuis l’Arménie, Ursula von der Leyen a répondu sobrement mais fermement : « un accord est un accord », tout en assurant que l’UE « est prête à faire face à tous les scénarios ».
Le calendrier législatif, enjeu central
Le Parlement européen avait pourtant adopté la législation d’application lors d’un vote en séance plénière le 26 mars, avec 417 voix favorables. Mais ce vote ne suffit pas : le texte doit encore faire l’objet d’un accord trilatéral entre le Parlement, le Conseil et la Commission avant d’entrer en vigueur. Des sources parlementaires ont indiqué à Euronews estimer possible une adoption dans un délai de deux semaines, évoquant la possibilité d’une session extraordinaire.
Reste à savoir si le trilogue du 19 mai — ou une éventuelle session ultérieure — permettra d’aboutir à un texte final avant la date butoir du 4 juillet. La Commission européenne a maintenu jeudi que le processus respecte « pleinement les pratiques législatives habituelles », tout en réaffirmant qu’elle continue, de son côté, à mettre en œuvre ses engagements issus de l’accord.
