Un indice sous les attentes et sous sa moyenne
Le chiffre de septembre déçoit. Les analystes anticipaient en moyenne 99,0, et l’indicateur s’éloigne un peu plus de sa moyenne de long terme, fixée à 100. Cette baisse tient principalement à la dégradation de la confiance des consommateurs, revenue de -15,5 à -16,5. Les indicateurs liés aux entreprises, eux, dessinent un tableau plus encourageant.
Les ménages plus inquiets pour leurs finances
Derrière l’indice global, l’enquête met en lumière un écart croissant entre entreprises et ménages. Les consommateurs se montrent plus pessimistes sur leur situation financière personnelle, sur l’état général de l’économie et sur leurs intentions de réaliser des achats importants.
Un autre signal pèse sur ce moral : dans l’enquête élargie à l’ensemble de l’Union européenne, les anticipations d’inflation des consommateurs ont progressé de 1,8 point. Les anticipations de prix de vente ont aussi nettement augmenté dans l’industrie et la construction. Ce contexte inflationniste, moins favorable, contribue sans doute à assombrir le moral des ménages.
Industrie et services en progrès, commerce et construction stables
Côté entreprises, la confiance dans l’industrie s’améliore, passant de -5,0 à -3,8, grâce à de meilleures perspectives de production et à une appréciation plus favorable des carnets de commandes. Dans les services, elle progresse légèrement, de 5,6 à 6,1.
Le commerce de détail reste globalement stable à -6,4. La construction ne bouge pas, à -5,0.
Emploi : les recruteurs deviennent plus prudents
L’indicateur des perspectives d’emploi recule de 98,8 à 97,5 et s’écarte davantage de sa moyenne à long terme. Les entreprises semblent plus réservées sur les recrutements. Le repli est le plus net dans le commerce de détail et les services, alors que l’industrie et la construction affichent des projections d’embauche légèrement plus favorables.
Une reprise de plus en plus inégale
La lecture de septembre évoque moins une dégradation généralisée qu’une reprise à deux vitesses. Une précision limite toutefois les comparaisons d’un mois sur l’autre : l’enquête auprès des consommateurs italiens a été exclue de l’agrégat de la zone euro, en raison d’une rupture structurelle.
Cette divergence entre des entreprises plus confiantes et des ménages plus sombres maintient dans un équilibre fragile les perspectives de l’EUR/USD comme les réflexions de politique monétaire de la Banque centrale européenne, à l’approche du quatrième trimestre. Selon ActionForex, le message d’ensemble est celui d’une économie « inégale plutôt qu’uniformément faible », où les entreprises gagnent en confiance pendant que les ménages et l’emploi vont dans l’autre sens.
