Italie : La relance budgétaire serait modérée et le déficit public se dégraderait en 2019

Date:

▪ La croissance ralentirait en 2018-2019 ▪ Un nouvel épisode de stress financier pénaliserait davantage la croissance

La croissance a sensiblement ralenti au premier semestre du fait d’une forte contraction des exportations et d’une contre-performance de l’investissement en biens d’équipement. Elle continuerait de ralentir en 2019 en raison du moindre dynamisme de la demande interne. D’une part, les incertitudes politiques et la hausse des taux de crédit aux entreprises pénaliseraient l’investissement. Après une croissance très dynamique (8 % en 2017), l’investissement en biens d’équipement se normaliserait. D’autre part, la consommation des ménages resterait atone. En effet, le plan de relance du gouvernement italien, largement revu à la baisse par rapport aux annonces de campagne, n’aurait qu’un impact marginal. Il comportera néanmoins des mesures en faveur du revenu des ménages (baisses d’impôts et revenu minimum universel notamment).

Les grandes lignes du budget seront publiées fin septembre et le résultat des négociations reste très incertain. La nécessité de fusionner les programmes de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles tout en respectant les règles budgétaires européennes conduit à une équation difficile à résoudre. Deux voix discordantes se font aujourd’hui entendre : le ministre des finances Giovanni Tria prône un étalement dans le temps du plan de relance et l’introduction de mesures budgétaires compensatoires afin de contenir le déficit. Exemple : la réforme fiscale (passage de cinq à deux tranches de 15 et 20 % pour les ménages et PMEs) serait financée par la suppression d’exonérations fiscales (en particulier le bonus de 80€ introduit par Matteo Renzi). A l’inverse, Matteo Salvini et Luigi Di Maio insistent sur la nécessité de mettre en oeuvre rapidement l’ensemble des mesures annoncées dans leurs programmes respectifs (réforme fiscale, revenu universel, démantèlement de la réforme des retraites, report de la hausse de TVA, dépenses d’infrastructures, plan pour le « Sud », suppression de l’Irep – taxe régionale sur la valeur ajoutée, etc.).

Avec un plan de relance compris entre 15 et 20Mds€, ce qui semble une hypothèse raisonnable, l’impulsion budgétaire représenterait près d’un point de PIB. Le déficit public se creuserait à 3 % du PIB. Somme toute, les incertitudes autour de la trajectoire des finances publiques restent élevées, dans un contexte de faible croissance. Le risque bancaire reste présent en Italie, avec les difficultés de la banque Carige et une répercussion éventuelle de la crise turque sur les banques les plus exposées. Par ailleurs, le risque d’élections anticipées avant la fin de la mandature reste non négligeable, étant donné les difficultés à réconcilier les positions des forces politiques au pouvoir. Enfin, une dégradation de la note de l’Italie par les agences pourrait créer un nouvel épisode de stress financier.

Partager l'article:

Articles Recents

S'abonner

VIDÉOS SPONSORISÉES
VIDÉOS SPONSORISÉES

00:00:30

OPPO Reno12 : L’Alliance Parfaite entre Design, Intelligence Artificielle et Performance

Les séries Reno12 d'OPPO marquent une avancée significative dans le domaine de la photographie mobile grâce à l'intégration poussée de l'intelligence artificielle.
00:02:15

Abdelaziz Makhloufi, PDG de Cho Group, met en lumière l’excellence de l’huile d’olive tunisienne sur BFM Business

Fort de son expertise reconnue dans le secteur oléicole, Abdelaziz Makhloufi, Président-directeur général du groupe Cho, a saisi l'opportunité de l'émission BFM Business pour promouvoir l'huile d'olive tunisienne à l'échelle internationale.
00:00:32

Lancement du nouveau Huawei Nova Y61

Huawei Consumer Business Group annonce le lancement du HUAWEI nova Y61, le plus récent smartphone de la série HUAWEI nova Y.

CONTENUS SPONSORISÉS
CONTENUS SPONSORISÉS

France-Allemagne : la même croissance au T2, deux économies qui n’ont rien en commun

0,2 % partout, mais rien de commun : la France doit son rebond à ses ménages et à l'aéronautique, l'Allemagne à ses seules exportations. Le détail des chiffres INSEE et Destatis révèle deux économies en réalité très éloignées.

Xiaomi lance ses SUV SkyNomad pour reconquérir le marché familial des véhicules électriques

Avec les SUV N90 Max et N70 Max, Xiaomi mise sur l'autonomie prolongée pour séduire les familles chinoises, dans un marché où la demande ralentit. Les livraisons sont prévues pour septembre, à des prix inférieurs à ceux de Tesla.

Big Tech : 170 milliards de dollars dépensés en IA en un trimestre, la trésorerie vire au rouge

Les quatre géants américains de la tech doivent investir 1 500 milliards de dollars en centres de données d'ici fin 2027. Amazon et Google affichent déjà un flux de trésorerie disponible négatif.

Décarbonation de l’UE : ce que l’urgence de Bruxelles change pour les exportateurs tunisiens

Entre mécanisme carbone aux frontières, quête européenne de matières premières critiques et pénurie de compétences vertes, la course à la décarbonation de l'UE ouvre autant de risques que d'opportunités pour la Tunisie.

A lire également
A lire également

Décarbonation de l’UE : ce que l’urgence de Bruxelles change pour les exportateurs tunisiens

Entre mécanisme carbone aux frontières, quête européenne de matières premières critiques et pénurie de compétences vertes, la course à la décarbonation de l'UE ouvre autant de risques que d'opportunités pour la Tunisie.

Taux directeur : la BCT le maintient à 7%, prudente face à une inflation sous-jacente persistante

La BCT maintient son taux directeur à 7% pour préserver le processus désinflationniste, alors que le déficit courant se creuse sous l'effet d'une facture énergétique record.

Moody’s maintient la Tunisie à Caa1 avec une perspective stable

Moody's maintient la note Caa1 de la Tunisie. Si la stabilité des réserves et le remboursement d'une échéance d'euro-obligation rassurent, l'agence pointe un espace budgétaire limité et une dette publique élevée comme risques persistants.

BVMT : le Tunindex recule de 3,47 % le 28 juillet, une respiration technique après un sommet historique

Après avoir atteint un niveau historique, le Tunindex recule de 3,47 % lors de la séance du 28 juillet. Une consolidation technique attendue qui n'altère ni les performances des entreprises cotées ni les perspectives de la Bourse de Tunis.

Grammer AG en Tunisie : vers un projet industriel de 1 200 emplois dans l’automobile

Grammer AG, équipementier automobile allemand, prospecte en Tunisie pour un projet industriel majeur. La TIA et l'AHK Tunisie accompagnent ce dossier estimé à 1 200 emplois directs, confirmant l'attractivité tunisienne pour les IDE automobiles.

Tunisie : le déficit commercial énergétique grimpe de 32% à fin mai 2026

: Le déficit énergétique tunisien bondit de 32% à fin mai 2026, à 5,7 milliards de dinars, sous l'effet de la hausse du Brent liée aux tensions irano-américaines, malgré une redevance gazière algérienne en repli.

Déficit commercial Tunisie : dérapage de 26% au S1 2026

Exportations +9%, importations +13,3% : l'écart de rythme entre les deux flux explique à lui seul l'aggravation de 26% du déficit commercial tunisien au S1 2026, et la contraction du taux de couverture à 73,4%.

Dividendes BVMT 2025 : les sociétés cotées franchissent la barre des 1,7 milliard de dinars

Record de dividendes à la BVMT : 1,7 milliard de dinars distribués en 2025 par 51 sociétés cotées, contre 1,6 milliard en 2024. Une hausse de 6,25 % qui confirme trois années consécutives de progression sur le marché tunisien.