Tunisie : le FMI table sur une croissance de 2,5 % en 2025 malgré l’inflation persistante

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Selon le dernier rapport du FMI sur les Perspectives de l’économie mondiale, la Tunisie devrait enregistrer une croissance de 2,5 % en 2025, légèrement au-dessus des prévisions précédentes. L’inflation, estimée à 5,9 %, reste un défi majeur, tout comme le déficit budgétaire prévu à -3,1 % du PIB.

Une reprise économique modérée selon le FMI

La Tunisie devrait connaître une croissance de 2,5 % en 2025, avant de ralentir à 2,1 % en 2026, selon le rapport d’octobre 2025 du Fonds monétaire international (FMI) consacré aux Perspectives de l’économie mondiale (PEM). Ces prévisions traduisent une reprise modérée, soutenue par la stabilisation progressive de certains secteurs productifs, mais freinée par les déséquilibres structurels et les contraintes budgétaires.

Inflation et déficit sous surveillance

Le FMI estime que le taux d’inflation atteindra 5,9 % en 2025, puis 6,1 % en 2026, un niveau encore élevé pour le pouvoir d’achat des ménages. Le déficit budgétaire resterait quant à lui proche de -3,1 % du PIB en 2025 et -3,3 % en 2026, confirmant la fragilité des finances publiques tunisiennes. Ces chiffres témoignent des tensions entre les impératifs de relance économique et la nécessaire maîtrise des dépenses publiques.

Des prévisions mondiales en légère amélioration

À l’échelle mondiale, le FMI prévoit une croissance de 3,2 % en 2025 après 3,3 % en 2024, avant un léger repli à 3,1 % en 2026. Ces chiffres traduisent une dynamique globalement stable, bien qu’inférieure aux niveaux observés avant les ajustements économiques de 2024. La croissance devrait s’établir autour de 1,5 % dans les économies avancées et dépasser 4 % dans les économies émergentes et en développement.

Inflation mondiale : un recul attendu mais inégal

L’institution anticipe une baisse de l’inflation mondiale à 4,2 % en 2025, puis 3,7 % en 2026, tout en soulignant de fortes disparités régionales. Aux États-Unis, l’inflation resterait supérieure à la cible fixée, reflétant des tensions persistantes sur les salaires et la demande. En revanche, la plupart des autres régions devraient enregistrer une désinflation progressive, soutenue par une politique monétaire plus restrictive.

Le commerce mondial en perte de vitesse

Le volume des échanges commerciaux mondiaux progresserait en moyenne de 2,9 % sur la période 2025–2026, contre 3,5 % en 2024. Cette décélération s’explique par la fragmentation persistante du commerce international, la montée du protectionnisme et les tensions géopolitiques. Selon le FMI, cette tendance pourrait peser sur la compétitivité des pays dépendants des exportations, comme la Tunisie.

Des risques accrus pour la stabilité économique

Le rapport souligne que les perspectives de croissance mondiale demeurent vulnérables. Les principaux risques identifiés incluent la montée du protectionnisme, les vulnérabilités budgétaires, les tensions sur le marché du travail et la possibilité de corrections sur les marchés financiers. Ces facteurs combinés pourraient provoquer un ralentissement plus marqué que prévu, notamment dans les économies fragiles.

Des réformes urgentes pour relancer la croissance

Le FMI appelle les gouvernements à rétablir la confiance économique en mettant en œuvre des mesures crédibles, transparentes et durables. L’institution recommande de reconstituer les marges budgétaires, de préserver l’indépendance des banques centrales, et d’accélérer les réformes structurelles, notamment dans les domaines de la gouvernance, de la fiscalité et de l’investissement productif.
Pour les pays émergents comme la Tunisie, le FMI insiste sur la nécessité de renforcer la diplomatie économique, d’améliorer le climat des affaires et de diversifier les sources de financement pour soutenir une croissance inclusive et résiliente.

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