La BCE maintient ses taux à 2% et affiche un optimisme prudent sur l’économie de la zone euro

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La Banque centrale européenne a maintenu ses taux directeurs à leurs niveaux actuels, tout en adoptant un ton plus optimiste sur les perspectives économiques de la zone euro. Des données de croissance meilleures que prévu et une inflation proche de l’objectif de 2% réduisent la probabilité de nouvelles baisses de taux à court terme.

Une politique monétaire inchangée mais un discours plus confiant

FRANCFORT, 18 décembre (Reuters) – La Banque centrale européenne (BCE) a décidé de maintenir ses taux directeurs inchangés, tout en affichant un regard plus positif sur l’évolution de l’économie de la zone euro. L’institution estime que le bloc monétaire a fait preuve d’une résilience notable face aux chocs commerciaux mondiaux.

Le taux de dépôt reste fixé à 2,0%, tandis que le taux de refinancement demeure à 2,15%. Il s’agit du quatrième statu quo consécutif dans le cycle d’assouplissement monétaire, après des décisions similaires prises en juillet, septembre et octobre.

Des prévisions économiques revues à la hausse

La BCE a revu à la hausse plusieurs de ses projections macroéconomiques, tant pour la croissance que pour l’inflation. Cette révision réduit la probabilité de nouvelles baisses de taux à court terme, après un cycle qui a vu le taux directeur être ramené progressivement de 4% à 2%.

Selon l’institution, l’inflation a été revue à la hausse pour 2026, principalement en raison d’un recul plus lent que prévu de l’inflation des services, un facteur clé dans la dynamique actuelle des prix.

Une croissance plus solide que prévu dans la zone euro

Les derniers chiffres de la croissance ont dépassé les attentes de la BCE. Les exportations ont mieux résisté que prévu aux droits de douane américains, tandis que la demande intérieure a compensé la faiblesse persistante du secteur manufacturier.

L’inflation, de son côté, continue d’évoluer autour de l’objectif de 2%, soutenue par les hausses de prix dans les services, et devrait rester proche de ce niveau dans un avenir prévisible.

Les marchés anticipent une pause prolongée

Ces indicateurs plus favorables ont déjà conduit les investisseurs à écarter l’hypothèse d’un nouvel assouplissement monétaire à court terme. La dernière baisse de taux remonte au 5 juin, lorsque la BCE avait réduit les coûts d’emprunt de 25 points de base.

Officiellement, la BCE maintient toutefois une approche flexible, rappelant qu’elle fixera sa politique monétaire « réunion après réunion », sans s’engager sur une trajectoire prédéterminée.

Une majorité d’économistes interrogés par Reuters estime désormais que les taux resteront à leur niveau actuel au moins jusqu’à fin 2026, tandis que les marchés monétaires n’attribuaient qu’une probabilité de 10% à une baisse des taux d’ici décembre 2026.

Christine Lagarde attendue pour préciser la trajectoire

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, doit commenter ces décisions lors d’une conférence de presse prévue à 13h45 GMT, un rendez-vous scruté par les marchés pour toute indication supplémentaire sur la trajectoire future de la politique monétaire.

Révision des projections de croissance et d’inflation

Des perspectives de croissance mieux orientées

La BCE anticipe désormais une croissance économique de 1,4% cette année, 1,2% en 2026, puis 1,4% en 2027 et 2028. Les économistes du secteur privé partagent cet optimisme mesuré, notamment grâce aux investissements publics allemands dans la défense et les infrastructures, ainsi qu’à un marché du travail toujours tendu.

« Un marché du travail stable, un secteur des services en croissance et la relance budgétaire allemande donneront un coup de fouet à l’économie de la zone euro dans les mois à venir », estime Felix Schmidt, économiste chez Berenberg.

Inflation sous contrôle, mais vigilances persistantes

Les prévisions d’inflation de base pour 2026-2027 ont également été revues à la hausse. Ces estimations excluent l’impact du retard du nouveau système européen d’échange de quotas d’émission de carbone, qui devrait mécaniquement faire baisser l’inflation globale en 2026-2027 avant de la relever en 2028.

Parmi les facteurs susceptibles de modérer l’inflation figurent la vigueur de l’euro face au yuan chinois et au dollar américain. Une baisse supplémentaire du dollar pourrait survenir si la Réserve fédérale américaine accélère ses réductions de taux.

« Le véritable enjeu de compétitivité pour l’Europe se situe davantage face à la Chine que face aux États-Unis », souligne Isabelle Mateos y Lago, cheffe économiste chez BNP Paribas, évoquant le taux de change euro-renminbi.

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