Dette américaine : David Solomon parle d’un « jour de vérité »

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David Solomon, PDG de Goldman Sachs, met en garde contre un futur « règlement de comptes » pour les États-Unis si la croissance économique ne s’accélère pas. Avec une dette nationale dépassant les 38 000 milliards de dollars et des intérêts supérieurs aux dépenses militaires, la situation devient critique.

Le président-directeur général de Goldman Sachs, David Solomon, a averti que les États-Unis pourraient bientôt faire face à un « règlement de comptes » budgétaire si la croissance économique ne parvient pas à compenser la hausse explosive de la dette publique. S’exprimant jeudi devant l’Economic Club of Washington, Solomon a déclaré :

« Si nous continuons sur la voie actuelle et que nous n’augmentons pas le niveau de croissance, il y aura un jour de vérité. La seule issue, c’est la croissance. »

Le banquier a précisé qu’il ne « sonnait pas l’alarme », mais a jugé la trajectoire de la dette comme un problème structurel à long terme susceptible de fragiliser la stabilité financière américaine.

Une dette nationale qui franchit un cap historique de 38 000 milliards de dollars

Selon les données du Trésor américain, la dette fédérale a désormais dépassé 38 000 milliards de dollars, enregistrant l’une des croissances les plus rapides de l’histoire moderne — en dehors de la période exceptionnelle du COVID-19. Depuis la crise financière de 2008, la dette a augmenté de plus de 7 000 milliards de dollars, illustrant l’accélération de l’endettement public.

Entre janvier 2024 et octobre 2025, la dette est passée de 34 000 à 38 000 milliards de dollars, soit près de 69 714 dollars de dette supplémentaire par seconde. Ce rythme vertigineux souligne la difficulté du gouvernement fédéral à contenir les dépenses malgré une conjoncture économique encore solide.

Une économie encore résiliente, selon Solomon

Malgré ces signaux d’alerte, David Solomon estime que l’économie américaine reste “en assez bonne forme”, avec de faibles risques de récession à court terme. Il a également minimisé les inquiétudes concernant une éventuelle perte du statut de monnaie de réserve mondiale pour le dollar, soulignant la confiance persistante des investisseurs internationaux dans les marchés financiers américains.

Cette position contraste avec les avertissements d’autres économistes, qui jugent que la soutenabilité de la dette dépendra étroitement de la capacité du pays à maintenir une croissance supérieure au coût de l’endettement.

Des paiements d’intérêts records : 1 200 milliards de dollars par an

Le cap symbolique des 38 000 milliards de dollars est franchi au moment où les paiements d’intérêts sur la dette atteignent des niveaux sans précédent. En 2025, ils représentent plus de 1 200 milliards de dollars par an, soit 17 % des dépenses fédérales totales, dépassant désormais les dépenses militaires.

Cette situation alarme le Committee for a Responsible Federal Budget (CRFB), dont la présidente Maya MacGuineas dénonce une dynamique « consternante » :

« Les États-Unis dépensent près de 1 000 milliards de dollars rien qu’en paiements d’intérêts cette année. »

Les experts estiment que cette dérive pourrait alimenter l’inflation et affaiblir le pouvoir d’achat des ménages, tout en limitant la marge de manœuvre budgétaire de Washington.

Contexte politique : le déficit se réduit, mais la dette continue d’enfler

L’avertissement de Solomon intervient alors que l’administration Trump affirme avoir réduit le déficit budgétaire de 350 milliards de dollars par rapport à l’année précédente, grâce à des réductions de dépenses et à une hausse des recettes fiscales.

Cependant, malgré cet effort de consolidation, la dynamique d’endettement reste ascendante. Les économistes soulignent que sans réforme structurelle ni accélération de la productivité, les États-Unis risquent de voir leur dette dépasser 45 000 milliards de dollars d’ici 2030.

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