Record pour les Bourses européennes, l’emploi américain rassure

Les Bourses européennes ont fini en hausse vendredi et Wall Street progressait à mi-séance, les chiffres mensuels de l’emploi aux Etats-Unis ayant rassuré les investisseurs sur les risques d’inflation et de resserrement de la politique monétaire américaine, ce qui se traduit par un regain d’appétit pour le risque et par une baisse des rendements obligataires comme du dollar.

À Paris, le CAC 40, qui était pratiquement inchangé à la mi-journée, a gagné 0,12% (7,74 points) à 6.515,66 points et à Francfort, le Dax a pris 0,39% alors qu’à Londres, le FTSE 100 avançait de 0,07%.

L’indice EuroStoxx 50 a terminé sur une hausse de 0,25%, le FTSEurofirst 300 de 0,33% et le Stoxx 600 de 0,39%.

Ce dernier a inscrit en séance un record à 452,71 points. Il a gagné 0,8% sur l’ensemble de la semaine, sa troisième performance hebdomadaire positive d’affilée, et le CAC 40 0,49%.

Au moment de la clôture en Europe, Wall Street évoluait elle aussi dans le vert: le Dow Jones prenait 0,27%, le Standard & Poor’s 500 0,68% et le Nasdaq Composite 1,4%.

L’économie américaine a créé 559.000 emplois non-agricoles en mai, un chiffre en hausse mais inférieur aux attentes dans lequel la plupart des observateurs voient à la fois la confirmation de la reprise économique et un facteur de stabilité quant à l’évolution de la politique monétaire de la Réserve fédérale au cours des prochains mois.

« Ces chiffres ne sont pas à même de faire changer d’avis la Fed malgré le récent rebond de l’inflation (PCI et PCE) », estime John Plassard, directeur général de Mirabaud Securities. « Jerome Powell devrait donc attendre Jackson Hole (août) ou encore la réunion de septembre avant de parler de réduction des rachats d’actifs (tapering). »

Les statistiques apaisent ainsi les craintes de voir une reprise économique soutenue favoriser l’inflation et contraindre la Fed à resserrer prématurément sa politique, ce qui se traduit notamment par une baisse des rendements obligataires et favorise celle du dollar.

TAUX
Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans, qui s’affichait à 1,625% avant la publication du rapport du département du Travail, est retombé à 1,567%, son plus bas niveau depuis le 26 mai.

Le reflux des craintes sur l’inflation se traduit aussi par un aplatissement de la courbe des taux américaine: l’écart entre le dix ans et le deux ans est repassé de 146 à 142 points de base.

Les rendements des emprunts d’Etat de référence européens ont emboité le pas des américains: celui du Bund allemand à dix ans a fini à -0,211% contre -0,185% à mi-séance, son équivalent français à 0,155% contre 0,175%.

CHANGES
Le dollar, qui était encore orienté à la hausse face aux autres grandes devises quelques minutes avant la publication des chiffres de l’emploi, a lui aussi piqué du nez et cédait 0,44% au moment de la clôture en Europe.

L’euro remontait ainsi tout près de 1,2170 contre 1,2115.

VALEURS
La plus forte hausse sectorielle du jour en Europe est pour le compartiment des hautes technologiques, le plus exposé aux risques de remontée des taux: son indice Stoxx a progressé de 1,24% sur la journée et à Paris, STMicroelectronics (+1,31%) et Capgemini (+1,45%) figurent dans le peloton de tête du CAC 40.

A l’inverse, les financières ont souffert du recul des rendements: le secteur des banques a cédé 0,92%, celui de l’assurance 0,09%.

Vivendi a perdu 0,27% malgré l’annonce de discussions avec une société de l’homme d’affaires américain William Ackman qui pourrait racheter 10% d’Universal Music Group (UMG) pour environ quatre milliards de dollars (3,3 milliards d’euros).

Les valeurs britanniques du transport aérien et du tourisme, comme IAG (-0,93%) ou EasyJet (-2,63%), ont souffert de l’ajout de sept pays à la « liste rouge » de Londres imposant aux touristes une quarantaine au retour en Angleterre.

PÉTROLE
La baisse du billet vert a permis au marché pétrolier d’amplifier ses gains au fil des heures: le Brent gagne 0,32% à 71,54 dollars le baril après un pic à 72,17, son meilleur niveau depuis mai 2019, et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend 0,65% à 69,26 dollars après être monté à 69,76, du jamais vu depuis octobre 2018.

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